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Vendredi 7 décembre 2007 5 07 12 2007 10:16
 
 

Ascendant cancer
par Jul

*féminine, frénésie, talon, musclé & gargantuesque*

     La porte s'ouvrit et alla claquer violemment dans le mur. Jean se tenait dans l'encadrement de la porte, les yeux lui sortaient presque des orbites.
« J'ai le cancer. »
Allant vers la desserte il alluma la petite lampe, la lumière jaunâtre le fit ciller un instant.
« C'est trop biblique j'y crois pas à ces conneries. »
Envoyant son sac bouler dans un coin il s'affala sur le canapé. Difficile d’estimer vos chances, connard de médecin. J’aime pas les médecins. Toujours à dire que vous êtes malade. Il mérite bien ce qu’il a eu le dernier qui m’a dit ça.
Agacé Jean décida de se servir un verre dans la cuisine le frigo ronronnait. Pas de repas gargantuesque, un reste de chips, une tranche du jambon datant de 3 jours et une bière. Il était temps d'y aller, il faisait froid. La buée s'installait sur les carreaux de la voiture. Il était temps. Descendant de voiture, il marcha un moment dans les ruelles sombres. Un bruit de talons. Il s'arrête. S'éloignant de la lumière blafarde du lampadaire, il l'observe. Elle est là qui se pavane avec sa prétention toute féminine. Elle le fait exprès, il en est certain. Elle est belle quand même. Ses longs cheveux noirs.
Cancer cancer cancer.
Ces mots résonnent encore dans sa tête. Connard de médecin.
Comme tous les jours à 23h35. Mais là il n'a pas le courage. Il ne peut pas se concentrer. Tant pis retour à l'appartement, demain est un autre jour. De retour chez lui, Jean remarque la poussière qui a peu à peu enseveli toutes les choses qu'il aimait.
Cancer cancer cancer
Il attrape l'un des hiboux de sa collection et entreprend de l'essuyer du bas de son pull-over. Foutue poussière, ça doit donner le cancer ça aussi. Tout à sa frénésie, il astique brutalement le hibou, lequel lui échappe des mains pour aller se briser sur le vieux parquet. Un spasme lui parcourt l'échine, on verra bien demain...
23h28, il est en avance mais il sait qu'elle va venir de toute façon. Les minutes passent, il fait des ronds de fumée avec son bâton de la mort. Bruits de talons. Elle est là. Elle s'arrête devant la vitrine. Il peut voir sa petite moue boudeuse dans le reflet de la vitre. Jean glisse sa main musclée dans sa poche. Cherchant la corde du bout des doigts. Il s'approche derrière elle.
Son parfum suave fait frétiller ses narines.
«Bonsoir.»

FIN

(2/12/07)

 

Par An-Drö & Oak - Publié dans : Veillée 73(2/12/07)
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