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Vendredi 7 décembre 2007 5 07 12 2007 09:42
 
 

L'improvisateur et les moules à gaufres
par L'Oeil

*musique, ondoyant, disert, moule à gauffres, scène & gargouille en option*

     Dans le froid, attendant l'ouverture du théâtre, ils tapaient des pieds, inconsciemment presque au rythme d'une entrée dans la poursuite. Leurs mots formaient des nuages de brume qui fascinaient les enfants, et moi. Ces blablas perdant leur sens pour devenir images flottantes me rappelaient pêle-mêle des SOS, la barbe d'un grand-père, le coton d'un ver à soie à moi que j'avais élevé mais qui s'était renfermé sur lui-même, et jusqu'à l'envoi des concepts sur la planète d'où je viens.
Enfin, nous entrâmes et après avoir sacrifié à la case poinçonnage de nos tickets-lilas, l'escalier nous tendaient ses marches.
La salle était impressionnante, foisonnante, bruissante. Sous son plafond haut comme le chant d'une flûte orientale, je m'y senti accueilli et dispos. Prêt. Et tant pis pour les mots de brume qui s'étaient dissous dans la chaleur des velours. Je me concentrai sur le rouge ondoyant du rideau aux vaguelettes entêtantes. Devinant l'acteur tapi derrière, avec son trac. Son œil scrutant par un interstice comme un enfant curieux devant la serrure de la chambre des parents.
Le comédien flanqué de sa certitude que son ventre allait devenir gargouille à force d'avoir éclusé des bouteilles d'eau pour que les mots coulent de source. Avec son humour à revendre plein les poches mais les mains crispées dedans. Un sourire en (petit) coin, parce que c'est sûr, à un moment, il aurait très envie de l'entracte.
Alors que nous étions plongés dans le noir, douce réminiscence des terreurs enfantines, la mer rouge du rideau s'ouvrit.
Quelle histoire allait-il encore nous raconter cet acteur que la foule intense attendait?
Le titre -« Boulègue l'impro »- n'était pas très parlant mais tous le savaient disert et prompt à s'enflammer, à transformer des planches en feu de camp.
[« - Eh bien ce soir, mesdames, messieurs et assimilés, commença Boulègue sur une bande son musicale décalée et ralentie, la scène n'est pas où vous croyez. La scène c'est vous qui êtes assis dessus. Chaque siège comporte un micro dans l'accoudoir gauche. Je vous écoute, les projecteurs vous zieutent, moi avec. Je vous lègue l'impro. »

(FIN, et bon anniversaire Saturnien :p )

(18/11/07)

 

Par An-Drö & Oak - Publié dans : Veillée 72(18/11/07)
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