Lundi 12 mars 2007
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Voleur de regrets par Fimbrethil et Siane
*brimades, vase, cratère, placement & chaussons*
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Là-haut sur la colline, il y avait une chaumière. Là-haut vivait Anatole, le vieil ermite du village. Là-haut cela transpirait la solitude et les rêves d'antan. Dans le village on en parlait souvent d'Anatole, pour faire peur aux enfants qui n'avaient pas été sages. Les parents et les grands-parents disaient : "si tu continues ainsi on va te mettre en placement chez Anatole"... L'effroi roulait dans les oreilles des bambins et la rumeur grondait, présentant l'ermite tel un géant qui volait les souvenirs et transformait la parole en pierre. Mais chose arriva qu'une petite tête à boucles rousses, une petite tête forte tête, avait beaucoup souffert de toutes sortes de vexations de la part des autres enfants et de sa propre famille en raison de son charmant minois espiègle et de ses boucles plus rouges que des charbons ardents.
Lui aimait entendre cette légende et pire, cumulait les bêtises pour en savourer les mots. Mais bientôt les fessées les remplacèrent. Un matin, le petit Auguste se dit qu'il devait savoir et gravir la colline. Las des brimades, il fallait partir à l'aventure. Un matin donc, feignant de prendre le chemin de l'école, il se dirigea rapidement en direction de l'ancien cratère et gravit la colline jusqu'au refuge d'Anatole. L'enfant frappa à la porte en vieux chêne, rempli d'espoir. Personne ne répondit... il ouvrit donc timidement et à la place du géant se trouvait un vieil homme malade, assoupi dans un fauteuil.
" Vole moi mes souvenirs ! Vole les moi tous !" hurla le gamin.
Anatole sursauta, ainsi sorti brusquement de son sommeil il découvrit face à lui le gamin aux boucles de feu, tous deux interloqués, ils se regardèrent un long moment et... éclatèrent de rire.
- Pourquoi déroberais-je tes souvenirs mon petit ? Finit par dire le vieux. J'en ai plein à revendre... - Racontez les moi ! - Oh ça serait long petit... oh et puis... accompagne-moi si tu veux, nous causerons sur le chemin, je dois lui apporter des fleurs aujourd'hui."
Le vieux quitta ses chaussons pour ses vieux souliers et prit par la main le petit Auguste toute inquiétude avait quitté l'enfant, jamais il ne s'était senti aussi rassuré que maintenant marchant au côté du vieil homme. Et ils parlèrent, parlèrent, parlèrent, buvant l'un et l'autre la parole. Puis ils arrivèrent à la pierre non loin du cratère.
- L'ancien volcan a avalé Margot, petit... je suis centenaire et j'attends inlassablement la faux."
Le petit serra la main de l'ancien puis, avec détermination il lâcha la vieille main pour s'approcher plus avant du volcan et, quelque chose d'étrange s'est alors produit. Sous le choc, le vieillard brisa le vase mortuaire et les fleurs fanées tombèrent une à une. Il se réveillait ! Oui c'était bien de la lave qui s'écoulait sous les pas de l'enfant. Le petit marchait, le feu mordait la terre
- Qui es-tu boucles rousses ? chuchota Anatole - Je suis l'esprit du volcan et je suis venu te chercher pour t'amener jusqu'à Margot."
Les deux silhouettes s'engouffrèrent dans le ventre de la terre et aussitôt la lave s’est arrêtée de couler et la colline se couvrit de fleurs. La disparition de l'enfant agita longtemps le village et les mémoires. Mais si les animaux pouvaient parler le vieux chien de la maisonnée vous aurait conté la destinée du jeune voleur de regrets aux boucles de feu.
FIN
(04/03/07)
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Par An-Drö & Oak
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Publié dans : Veillées 52 (04/03/07)
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