Texte libre

   
 
....
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Préface   

Contes & Conteurs  

Veillées  

Archives du Havre Elfique  

Contez maintenant!  

 

Newsletter  

Ambiance Sonore  

O O O O O  

 

Lundi 12 mars 2007 1 12 03 2007 02:16
 
 

Ce Dimanche de cloporte
par Batekmila & Boulègue

*girouette, bonsai, tricorne, armoire & punaise*

 

     Je me lève comme un dimanche matin qui ne me prévoit rien de bon. Aïe, la punaise !!! Sous mon pied, une petite flaque verte composée de pattes dispersées, la punaise était plus que morte. Je venais de commettre un meurtre insectoïde, mon karma allait morfler. Je reste parfaitement immobile et me mets à avoir des pensées noires, de celles qui passent dans ma tête que les dimanches, de celles qui m'affligent et me donnent envie d'être ailleurs. Mon Dieu, qu'est ce que j'ai fait. Je me tire. Il faut que je m'en aille.
     Je sors de chez moi, je prends la voiture, même si c'est une journée sans, je suis déjà à 8 km de chez moi quand je remarque sur le tableau de bord un coléoptère qui semblait avoir un tricorne en cuir sur la tête, il me désigne d'une patte accusatrice.
Mon front transpire... mes mains souillées de cet effroyable geste tremblent sur le volant. Je ne sais même pas où je vais. Où vais-je ? Loin, très loin… là... même pas un panneau de signalisation. Mais une girouette m'indiquant le nord à contre vent, elle a l'oeil vif et accusateur.
     Je suis la direction qu'elle m'indique et je rentre dans la forêt, des arbres immenses m'entourent, et ma voiture file entre les rangées sylvestres. C'est au bout d'une heure que je m'aperçoit que les arbres rapetissent, ne formant en définitive qu'une rangée de bonsaïs qui viennent à racler la carrosserie, j'ai peur, et il me semble que le coléoptère lui, est mort de rire.
     Je continue à m'enfoncer...les bonsaïs font des raclures de plus en plus violentes... des trous se comptent bientôt par dizaines puis par centaines sur ma vieille 21 qui n'est plus qu'une passoire à tortellini... quelque chose me gratouille l'oreille, je ne regarde que la route... ça me chatouille. J’accélère. Je suis trempé. C'est insupportable. Ça me pénètre dedans... et là j'entends un murmure strident et lancinant, il me dit :
« meuuuurrrtrrriieeeerrr meuuurrrttrrriiieeeeeer ! » J' hurle et fais faire un écart à la voiture, je me sens rongé par l'intérieur, face à moi, un bonsaï qui se met à grossir, ma voiture s'y plante dedans. Noir. J'entends dans un lointain flou, des rires, et je me sens transporté quelque part.
     J'en sais foutre rien de combien d'heures se passent avant que la première lueur m'apparaisse. Une lueur verte... Un éclat se fait de plus en plus intense. Un vent fortissimo se lève et me projette à mille lieues ou presque pour me plaquer finalement sur une surface plane. Et ce bruit sourd est de plus en plus proche, des cris. J'entends des cris... et des rires... qui s'étouffent finalement dans ma gueule grande ouverte. J'avale tout.
Je sens des choses ramper sur ma langue, sur mon corps, j'ouvre les yeux, le vert est partout, le vert. Je distingue une chose énorme, marron, imposante qui s'élance vers le ciel, elle remplie mon univers, il y a des moulures aussi grandes que des autoroutes et sa base est faite de 4 troncs lisses aussi grands que des baobabs, je mets bien quelques minutes à réaliser que je suis au pied de l'armoire de ma chambre, les bonsaïs ah… les poils de ma moquette.
     Je suis chez moi ! Vous entendez, je suis chez mo ! C'est ma moquette, c'est mon armoire, c'est ma chambre, dégagez ou j'vous écrase vous aussi. J'ai pas peur moi; vous savez qui je suis ?! Moi je suis capable. Moi j'en ai écrasé une de punaise pas plus tard que ce matin. Je me roule sur moi même et je peux vous écraser; vous n'êtes rien... je peux pas faire ça. Pas encore, j'en ai assez. J'ai qu’à me laisser mourir. Voilà je… ma mère sera ravie. Mangez-moi. Je ne suis rien que de la bidoche à grailler. Mangez-moi !!!!
     Le silence me répond, puis une ombre plane au-dessus de moi, je vois un pied immense qui tombe au ralenti, c'est mon pied, je reconnais le découpé des orteils. Je hurle : non, je suis là, je ne suis pas une punaise, je ... des rires, du vert, du noir, ce n'était pas mon meilleur dimanche.

FIN


(04/03/07)

 

Par An-Drö & Oak - Publié dans : Veillées 52 (04/03/07)
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus