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La fumée du cigare s'élance vers le grand ventilateur poussif qui ronronne au plafond, elle dessine des volutes qui s'enroulent autour du vieux porte-manteaux. Sur le bureau, la photo glacée d'une écuyère entre deux flics, à la une de Los Angeles time, il y a des anges qui brûlent leurs ailes... L.A n'a pas pitié des midinettes.... Dans le grand siège du patron, un homme gigantesque regarde le plafond d'un air songeur en fumant un cigare, pourquoi tout lui échappe, rien des évènements calculés ne s'étaient déroulés comme il aurait fallu… Il fallait qu'il appelle ses hommes… Ils recommenceraient jusqu'à trouver ce qu'ils cherchaient… La main grasse et baguée se tend vers le combiné en bakélite, de la cendre tombe à coté du cendrier, et derrière les stores de la porte vitrée, une vie animée et invisible donne en bruit de fond la symphonie du travail. Douglas, assis en face du patron regarde placidement les tableaux vulgaires, sa main tapote la bretelle de son holster. La voix du boss engueule une standardiste... « Allô Mike, tu réunis tous les hommes, je veux tous vous voir dans une heure dans mon bureau, c'est urgent ... ok a plus tard » Il repose le combiné et entortille sa moustache en réfléchissant, puis il reprend: « Douglas... tu vas au commissariat du 5ième district leur rappeler qui je suis, tu chopes mon avocat au passage, si Gwendy, n'est pas sortie de taule avant ce soir, il va y avoir de la viande en sauce dans le downtown, alors bouge tes fesses ! » Doug, se déplie, décroche son feutre du porte-manteaux et sans se retourner dit : - J'vous tiens au courant patron » Il ouvre la porte et s'élance dans la plus merdique journée de sa vie....
Il descend les escaliers en repensant aux évènements des journées précédentes, l'homme à la faucille, celui qui terrorisait les foules depuis plusieurs semaines déjà, leur avait filé entre les doigts à chaque fois que leurs routes s'étaient croisés, le problème c'est que le boss n'accepterait pas un nouvel échec et c'est lui qui y perdrait la tête, et en plus voilà que les flics commençaient à se mêler de leurs petites affaires, voilà qui n'arrangeait rien… Il arrive sur le trottoir où Fredo, dit aussi « L'anguille », l'attend en faisant sauter son couteau dans la paume, appuyé sur la Chevrolet. Doug, ouvre la portière côté passager et attend que Fredo se mette au volant . Fredo fut laconique : « alors ? Doug : - fonce sur Sunset, il y a le bavard à prendre, la fille du boss s'est fait pincer la seringue dans le bras, on va la tirer de là, tu as les infos que je t'ai demandé ? Fredo :- Ouais…Quatre mois, ce type à la faucille va dézinguer toutes nos tapineuses... -On l'aura ! » reprend Doug La Chevrolet traverse la ville à vive allure, Fredo son hot-dog saucisse dans une main le volant dans l'autre ne pose pas plus de question que ça, lui il suit les ordres c'est tout, d'abord il récupère l'avocat qui trouvera vite fait bien fait une erreur dans le procès verbal qui libérera la gamine du chef, puis il fonce au commissariat. Là bas, tout le monde est sur le branle bas de combat, toutes les unités sont sur la même affaire. Doug sort de la voiture, suivi de près par l'avocat: « Occupez vous de la fille je vais voir Sandy, elle me dira ce qui se passe ici. »
Sandy était le genre de fille qui couchait avec vous pour un bon restau et une soirée au drive-in, dire qu'être auxiliaire de police l'avait sauvée de la prostitution ne serait pas exagéré. Elle afficha son sourire mielleux à la vue de Doug et commença à se pencher sur le bureau pour lui faire faire une visite guidée visuelle dans son décolleté, Doug lui rend la politesse en jetant un oeil flatté et s'assoit sur un coin de son bureau. « Poupée, tu as du neuf pour moi ? - Douguy c'est vilain de pas être venu me voir plus tôt, je m'ennuyais ! - Pas le temps, tu connais les affaires en plus avec le cinglé à la faucille qui cherche la merde j'ai plus le temps de rien, mais on pourrait bien s'arranger si tu me donnes un tuyau, plus vite on le trouve, plus vite t'as ton restau ma belle… Elle lui décroche son air de réflexion d'intellectuelle des plus profonds et lui dit... (Petite précision, Sandy est bien évidemment blonde.) « Bon, ok, alors, pour l'instant le principal Simmons pense qu'il s'agirait du fille déguisée en homme, pas de viol, pas de trucs bizarres, pas de mutilations, du travail propre et des traces de maquillage, on a trouvé sur les victimes des restes de rouge à lèvres du n°3 de Beauty, voilà, on ne dit rien à la presse pour l'instant. -Fredo reviens, c'est bon, Doug, la gosse sort, je reste avec les bavards pour la paperasse » - Ok l'avocat merci » Il pose un baiser dans le cou de sandy pour la remercier et attrape Gwen par le bras; « Et pour mon restau Doug ? -On s'arrangera c'est promis », lui répond-il en passant le porte du commissariat. Il pousse Gwen toujours dans les vap's dans la Chevrolet et monte à son tour, puis il fonce chez le boss lui expliquer le tuyau de sandy. Quand il arrive, les autres sont arrivés, ils n'attendaient plus que lui…Doug amène la gosse dans le bureau, le boss la voit, se lève et la gifle violemment, elle, la tête baissée sourit, il regarde Doug, serre les poings et dit : -Douglas, tu l'amènes à la maison, tu la douches, la rends présentable et ce soir tu l'amènes à la clinique de désintoxication, je ne veux plus voir cette junkie dans mes pattes. »
Une dizaine de minutes après, dans la voiture, Doug regarde la petite écuyère se remaquiller. « Beauty », il a le même dans sa poche, il sourit, il est content qu'ils pensent que ce soit une femme et non un travesti , il pense à la faucille qui l'attend dans la cabane vers laquelle il se dirige, il pense aussi que la petite écuyère ne causera plus de soucis à son papa.
FIN
(18/02/07)
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