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Je vais vous conter l'histoire, chers amis et amies « E » « S ». Une bien étrange histoire qui se déroula lorsque les pyramides ne volaient pas encore. En ces temps là, il n'y avait que deux villes sur notre terre. L'une se nommait Malcarine Ses habitants étaient des êtres vils et lâches et priaient le Dieu des Ombres, le dieu sans nom. Depuis des temps immémoriaux, la cité de Malcarine menait la guerre à sa sœur, la Cité de Funuliass. Les habitants de celle-ci étaient vils et lâches, et priaient le Dieu de la Vie, le dieu aux mille noms. Au sein de la ville de Malcarine vivait un certain Tagad surnommé à juste titre Tagad la Flûte
Tagad avait grandit parmi le Clan de l'Obscur Trait de Lumière Absente. Ce groupe d'individus, rompus aux arts de la guerre et aux maniements de toutes les armes existantes et inexistant,es était un clan d'assassin au service du roi de Malcarine. Et Tagad, depuis son plus jeune âge, s'exerçait au métier d'assassin. Il avait pour habitude de jouer un air de flûte juste avant d'abattre ses victimes. Lorsque ces dernières entendaient l'air de Tagad, elles s'écroulaient, mystérieusement, mortes.
Ce jour-là, Tagad était allongé sur une paillasse, au fond d'une fumerie des bas-quartiers. Les tentures de la pièce dansaient sous la légère brume de ce soir de printemps. Les bougies vacillaient mais tenaient bon et offraient à l'assassin un spectacle agréable et réconfortant. Le haschich brûlait doucement dans sa pipe, et la fumée emplissait le temple de son corps lui apportant toute la sérénité de ce soir de méditation.
Tagad le remarqua lorsqu'il entra discrètement dans l'établissement par la porte bleue. Il observa ses déplacements maladroits parmi les corps allongés. L'homme encapuchonné qui venait d'entrer dissimulait malhabilement des signes que seul un assassin peut percevoir : sa démarche, la qualité de cette cape somme toute banale. Ce ne pouvait être qu'un haut émissaire. Lorsqu'il s'agenouilla à ses cotés sans pour autant le regarder, Tagad s'adressa à lui d'une voix enfumée : « Le Royaume a besoin de moi ? » L'homme se retourna un bref instant, surpris d'avoir été mis à jour. « Hum euh... Il a besoin des service de Tagad. » « On m'a dit que je vous trouverai ici. » « Je vous écoute » répondit Tagad, en soufflant un magnifique rond de fumée à travers la pièce. « Le roi a décidé de porter un coup à Funuliass, il songe bientôt envahir cette contrée et il faudrait que... » « Qui dois-je tuer ? » coupa Tagad. L'homme marqua un silence. « ..le.. le grand prêtre de la Vie. » Tagad écarquilla les yeux. « Rien que ça ? » « Vous etes le meilleur .» « C'est vrai » repondit Tagad.
Alors brusquement, l'assassin se leva et quitta la pièce en sautant par la fenêtre, laissant l'autre à ses démons. Quelques jours plus tard, Tagad arpentait les déserts rocailleux qui séparaient les deux villes. Pour une fois, il réfléchissait à sa mission. Il en avait eu le temps, ses exploits précédents ne lui prenaient généralement qu'un ou deux jours parfois quelques heures, cette fois-ci, sa victime se trouvait à plusieurs jours de marche. Le soleil et l'alcool de voyage lui tournaient légèrement la tête. Des idées fusaient dans son esprit. Avait-il vraiment envie de tuer le Grand prêtre de la Vie ? Cette envie il savait la réfréner... d'habitude. Et tout en marchant, il s'approchait d'une petite cabane. Une de celle qui s'échappe au détour d'un songe pour pousser en plein milieu de nulle part. Là, juste en plein désert de pierre. Une vieille femme étrange lavait des légumes à l'entrée. Lorsqu'il s'approcha elle releva la tête. « Par les Ombres ! Comme il est sale » lui dit elle en souriant. « Où vas -tu comme ca ? » « Je vais à Funuliass, grand-mère. » répondit Tagad. « A Funuliass ? Chez ces maudits ? Et que vas-tu y faire? » « Des choses. » « Des choses ? Moi on m'a dit que tu allais y tuer. » Cette étrange bonne femme m'a percé a jour se dit pour lui même Tagad. « Et qui vous a dit ca ? » la questionna-t-il. « Tes godillots ! » rétorqua l'étrange bonne femme en pointant du doigt les chausses de l'assassin. « Ils n'arrêtent pas de crier : notre maître veut tuer la vie ! Notre maître veut tuer la vie !! »
Tagad fut déconcerté un instant. Il ne vit pas le petit scalpel que l'étrange vieille brandit dans sa direction lui sectionnant la gorge au même instant. Tagad chancela, trébucha, et finit sa danse de pantin au sol tenant sa gorge à deux mains. La vielle tira sur ses cheveux, et regarda Tagad se vider de son sang. « Tu croyais que cela aurait été si facile Tagad la Flûte ?! Tu pensais que tuer un grand prêtre aurait été un jeu d'enfant ? Sache avant de mourir qu'il a des yeux et des oreilles partout. » Et Tagad mourut. Là, en, plein désert. > J'aurais pu vous racnter qu'un cintre magique ou un aigle blanc vint a son secours. Mais il n'en est rien. Tagad mourut. Seul. Et pendant des milliers d'années encore, Funuliass et Malcarine se firent la guerre. Et beaucoup moururent en plein désert comme lui. Seuls et par milliers. Lorsque les eaux, des milliers d'années plus tard envahirent le monde une seconde fois, les deux cités ennemies disparurent de la mémoire de tous. Une page était tournée dans l'histoire des hommes.
FIN
(04/02/07)
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