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Bien, alors j'ai dégoté le journal de bord de l'Orchéon, le hollandais volant de l'espace. Au départ, l'antiquaire, un vritonnien, m'avait attiré avec la suave senteur des pastilles d'ortie sur son étal. Je rentrais dans sa boutique, et du coin de l’œil vit la plaquette holographique poussiéreuse. Après moult négociations, je l'eus pour une poignées de centons, et je me dépêchais de rentrer dans ma cabine pour la visualiser. J'étais d'autant impatient que j'avais remarqué le sigle de la flotte impériale, aujourd'hui disparue.
Mon holoviseur, de marque japonaise, ne voulait d'abord rien savoir. Puis, après quelques coups de poing savamment donnés, les premières silhouettes se dessinèrent sur le sol. Je vis un homme imposant, sanglé dans l'uniforme des convoyeurs impériaux : c'était le capitaine O' Flaherty, la légende, me serait enfin révélé. Le reste de l'histoire ne m'appartient plus, ce sont ses mots que je vais maintenant vous livrer.
"Bonsoir," fit le capitaine, "ou bon espace à vous. Ceci sera le dernier enregistrement de l'Orchéon. Je suis le capitaine O'Flaherty, un des derniers survivants de l'équipage et j'enregistre ces mots avant de disparaître dans la nuit éternelle et glacée de l'espace.
Lors de notre escale sur Sirius B, le second de l'équipage, s'est éloigné de l'aire de chargement et voulant rapporter des gracilia pour son épouse, a marché sur une micro-citrouille sirusienne. Coupant le pédoncule sans s'en apercevoir, il libéra les spores mortels et réintégrant son poste dans un état second, contamina l'équipage. La maladie se propagea comme un feu de forêt. Les premiers atteints furent pris d'une folie sauvage et commencèrent à se jeter sur leur camarades pour les dévorer. Dans une sarabande lascive, le personnel féminin de bord contaminé, entraînait les hommes dans le silence des coursives pour les déchiqueter à mains nues, et se nourrir de leurs entrailles fumantes.
Les armes étaient inefficaces, les impériaux qui survécurent à la première vague, s'enfermèrent dans les cabines de concentration, mais même le métal épais ne pouvait arrêter ces monstres. Nous dûmes incinérer plusieurs parties du vaisseau, avant de trouver refuge sur la passerelle nord, et bientô,t les membres de l'équipage qui furent mordus se joignirent à la sinistre légion et nous dûmes les décapiter.
Nous ne sommes plus que trois. Ils ont trouvé un autre moyen pour propager la maladie. L'officier des transmissions à mis naïvement en lecture une plaquette holographique, et des ondes entrèrent dans son cerveau, il fut rapidement des leurs. Dieu, il ne reste que moi, j'entends le sas céder, je.... bip!"
Fin de l'enregistrement...
Oui, les plaquettes aussi contiennent la maladie. Je me sens fiévreux, je vais faire un tour au port, j'ai faim d'un coup...
FIN
(29/10/06)
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