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Jeudi 26 octobre 2006 4 26 /10 /2006 04:00
 
 


Derniers jours avant la bombe

par Boulègue, Cysleith, le Narf et Loki l'Oaken

     Le renard s'approchait doucement du puit sur lequel la poule dansait la carioca, vêtue d'un simple pagne et d'un collier de grosses fleurs en plastique. Ce n'était pas sans lui rappeler son dernier voyage sur P3X 532, planète sur laquelle des autochtones, pareillement vêtues, n'étaient guère farouches. C'est alors qu'une envie pressante se déclara, subitement. Le genre de rebondissement inattendu et totalement incongru qui fuse dans un cadavre exquis pour envoyer le lecteur, désorienté, aux confins de l'infinie cacophonie résonnante de cri et de pleurs. Il décida d'un commun accord avec lui-même de suivre ses pieds, non sans difficulté d'ailleurs.
     Ceux-ci, n'écoutant que leur désir d'aventure et de bain moussant, se dirigèrent chacun dans une direction opposée. Enfin, ce ne fut pas simple, mais après une petite demi-heure de lutte pédestre il prit une direction. Il fut mené ainsi au beau milieu de la foule en délire.
     Pendant ce temps notre héros qui n'en menait pas large (c'est ça de trop manger de fibres au petit déjeuner) tentait de se frayer un passage dans les corps entassés et suants jusqu'à sa promise. Car c'était elle, il le savait ! Soudain les fibres firent leur effet. Une salve de pets accompagna sa marche et l'amena jusqu'au mausolée blanc, c'est ici que Gertrude les attendait, elle avait en réserve deux cartons de pâtes en prévision d'un long séjour du côté des Monts d'Arrée. En effet, elle avait pour mission secrète d'aller explorer le terrible marais afin de trouver une chapelle en ruine où, disait-on, sévissait un démon de la pire espèce. Cependant, Gertrude avait oublié la sauce bolognaise… Quelle tête en l'air ! Il allait falloir trouver un substitut.... et très vite. Un chauffe-plat ? Non, trop lourd. Une sardine? Trop vivant. Sans le savoir, la petite assemblée avait déjà la solution entre ses mains ... mais hum non. Il n'allait pas quand même sortir sa... hum non.
     Toute cette histoire restait confuse, mais une conclusion s'imposait. Il fallait qu'il arrête de ranger ses mains n'importe où. Il décida de rentrer chez sa maman, car tout ceci est bien trop dangereux pour lui. La vie c'est pas simple. Alors il rentra chez sa maman là-bas à Nagasaki. Il y arriva un 9 août. C'était l'année 1945.
     La morale de cette histoire, c'est qu'il ne faut pas vendre la peau de la Gertrude avant de l'avoir tuée, sous peine de ne jamais savoir la direction que ses pieds prendront et de finir ficelé tel un vulgaire saucisson.

FIN


(15/10/06)

 

 
 
Par An-Drö & Oak - Publié dans : Cadavre Exquis
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