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C'est dans la ville de Meuteupeu que naquit, un beau jour, une anguille répondant au nom de Narf. Cette anguille avait quelques particularités.. Outre le fait qu'elle était très vive, elle était aussi dotée de poils et de pattes… Ces pattes lui permettaient de s'adonner à son jeu favori. En effet, Narf aimait courir après les ballons. « Niah niah niah ! » répétait-il tout le temps en frappant dans la sphère de cuir. En réalité le pauvre Narf épuisait toute sa peine à frapper ce pauvre ballon qui ne lui avait rien fait. Au fur et à mesure de ses passes de jambes, les larmes roulaient a gros bouillons le long de ses joues. Ses écailles d'anguille à pattes luisaient sous l'onde salée. Alors, à ce moment une lumière spectrale nimba le ballon. Narf, se mit à reculer avec prudence sentant le truc surnaturel non prévu. De petites cornes poussèrent de chaque coté, un rouge malveillant se mit à iriser la surface de cuir de la boule, des canines poussèrent, une langue sortit… Narf eut une pensée aussi confuse que subite : pipi culotte. Mais comme les anguilles ne portent culotte, un léger ru jaunâtre s'échappa de son corps flasque. Oui, c'était pas beau à voir, mais bon... à ces moments là, hein... Bref, le ballon se satanisait à vue d'œil. Et là, heureusement d'un massif corallien apparut : une chèvre cyclope qui s'exprima en une voix haute et claire : « Seguin, Seguin, ne vois tu rien venir? » A ces mots, le ballon stoppa ses effluves diaboliques. Notre héros, dépassé par les évènements se dit qu'il ferait mieux de prendre la poudre d'escampette, mais en ce quart d'heure traumatisant, seules les puces du marché noir en vendaient à bas prix… Et dieu sait qu'elles habitent dans une contrée fort fort fort lointaine. La créature à cornes cligna de l’œil et d'un coup de sabot, fit apparaître un lit doté d'une couette sur laquelle on pouvait lire ' Love Zizou ', en grosses lettres aux couleurs du drapeau français. Narf lâcha un « Brouu? » quelque peu décontenancé puis en deux bonds, sauta se réfugier sous la couette; mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il se rendit compte que, sous la couette, il n'y avait rien.. le vide, le néant... Narf commença une longue chute dans un décor qui lui parut fort monotone, tout noir qu'il était. Au bout de quelques dizaines de minutes de chute cependant, les choses changèrent. Narf croisa un seau, quelques packs de Guinness, un troupeau de gnous (qui tombaient aussi, mais dans un autre sens que lui; la collision fut évitée de peu). Tout cela avait des allures, il faut bien le dire, apocalyptiques... « C'est la fin » pensa-t-il. Oubliant sa peine du au résultat catastrophique du match Farce-Curée, il ferma les yeux, repensant à ses ancêtres anguilles. A l'époque les crustacés-dollars ne pourrissaient pas les match de ballon-pied. A l'époque, on jouait avec de vulgaire mâchouillons de phytoplanctons. Dans cette apocalypse des sens et de souvenirs, le narf se dit en lui même qu'il fallait a tout prix arrêter la drogue, et cesser de s'enfermer dans ce cercle vicieux et hallucinogène dans lequel les matchs de ballon foot le plongeaient. La chute se termina par terre. Le narf venait de tomber du canapé... Il n'avait pas rêvé, en face de lui l'écran cationique affichait le triste constat :
Farce-Curée : 1-1
FIN
(18/06/06)
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