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Vendredi 26 mai 2006 5 26 /05 /2006 21:00
 
 

Pour ne plus avoir les boules
mieux vaut savoir flûter
par Franzowsky

*fourche, boule, trébuchet, caméra & flûtiau*

     J'avais un ami qui piégeait les oiseaux, à l'aide d'un trébuchet. Il capturait les plus petits.
Mais ceux-ci étaient si frêles que la prise les blessait souvent et quand cela se produisait, mon ami rentrait tristement chez lui, plus misérable que quand il était bredouille car en voulant s'approprier le volatile son élégance et ses chants, il l'avait mutilés. Un soir que ce triste épisode se répétait il décida de cesser ses captures. Il eut alors le coeur plus léger. L'été arriva et il pu librement approcher les oiseaux, qui ayant appris la nouvelle se faisaient moins farouches. Son bonheur était grand au milieu des chants mais vint rapidement l'hiver, et il se retrouva seul dans sa terne masure.
         Sans volatile pour lui tenir compagnie, le silence s'installa et il lui sembla que la vie était sans couleurs. Les nuits étaient longues. Un soir il fit un rêve, influence par plusieurs traités d'alchimie. Il imagina un étrange objet, dont se servait des humains étrangement accoutrés pour capturer des scènes de leurs existences. Il comprit que grâce à cet objet qui semblait s'appeler camera, il pourrait conserver près de lui ses amis volants et les chants qui le ravissaient. Mais en se réveillant il eut les boules comme auraient pu le dire les personnages qui peuplaient son dernier rêve, car il comprit qu'un tel objet resterait hors de sa portée tant que rêves et réalité demeureraient des mondes distincts.
         Le lendemain il partit avec sa fourche faire quelque travaux aux champs. Chemin faisant, il entendit un son mélodieux. Il prit cette direction, et au coin d'un buisson, un vagabond absorbé jouait de son flûtiau.
« Il fait froid l'ami lui dit-il, tu erres en solitaire et moi ma joie c'est envolée avec l'hiver. Acceptes de venir en ma demeure chaque soir me divertir avec tes airs, et moi je te donnerais le gîte et le couvert. »
Sans un mot, le vagabond acquiesça. Et un jour mon ami vint me dire que pour ses soirées d'hiver, il s'était trouvé un compère.


FIN


(14/05/06)

 

Par An-Drö & Oak - Publié dans : Veillée 27 (14/05/06)
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