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Posons l'ambiance: nous sommes dans l'ouest profond, au temps des cow-boys et des orpailleurs. Wayne (c'est moi) entre dans le petit cimetière où vient d'être enterré un collègue. Au loin, j'aperçois John, un autre collègue, qui installe une potée de chrysanthème devant la tombe encore fraîche. Voici notre conversation: « Hé! Salut John, Je t'ai pas vu à l'oraison funèbre… - Salut Wayne ! J’étais là, mais un peu en retrait… J'essayais d'écouter les conversations, entendre ce que les gens racontaient... - Les racontars, vaut mieux s'en méfier, c'est toujours si loin de la vérité... - Certaines choses sont toujours intéressantes à entendre. - Ah ouais? Quoi donc par exemple? Je serais curieux de savoir ce que t'as pu choper de valable, dans la bouche des vieilles rombières du saloon... - Tu te rappelles la semaine dernière ... le casse de la banque ? - Le casse? Celui des Daltons? - Mais non ! Pas celui-là! L’autre ! - Euh... Arf, j'étais pas là, parti faire la bringue à San Pedro vendredi... - La banque du coin de la rue, en face de l'auberge... Elle s'est faite entièrement vider pendant la nuit, personne n'a jamais su qui s'était. On y a même retrouvé deux chats pendus à la fenêtre au petit matin. - Hum, encore un coup de ces sales peaux rouges... Une signature pareille, ça ne trompe pas, qu'est ce que tu en penses? - Moi je crois que c'était un diversion ... - Un hérisson? Mais qu'est ce que tu racontes? - Enlèves les bouchons de tes oreilles, ils te servent a dormir, pas à venir au cimetière! Les chats pendus étaient sûrement une diversion pour faire croire aux peaux-rouges ! - Désolé John, c'est le fusil, à force les détonations m'ont rendu un peu dur de la feuille... Mais à quoi tu penses au juste, toi? - Je suis presque sûr que c'était Gary, paix a son âme, qui en était l'auteur. - Rooooooooh, c'est pas bien de mettre des crimes comme ça sur le dos des morts, John! Tu crois vraiment qu'il aurait été capable de ça? Il était à peine capable de mettre les balles dans le bon sens dans son flingue... - Voilà pourquoi il aurait fait ça la nuit, pas de coups de feu à tirer! J’en suis presque sûr que c'est lui, il a vidé les coffres de la banque! - Mais il était trop con pour un truc de ce genre! Comment veux tu qu'il ouvre le coffre sans faire le moindre bruit? - ça reste un mystère, pour le shérif aussi ... ils ont retrouvé la banque fermée, mais les coffres vides ! - Attends, c'est impossible! Gary en passe muraille, tu veux rire, il passait à peine la porte du saloon! Il parait qu'ils ont même eu du mal à fermer le cercueil, le croque mort c'est gourré dans les dimensions! - Hum... Voilà pourquoi la bosse sur la tombe... - Ben oui... pauvre gars, des haricots au lard toute sa vie, c'est pas très équilibré comme alimentation. - Tu crois tout de même pas qu'il aurait mangé l'or pour le sortir de la banque tout de même ! - Ben, après tout, y’aurait ptete bien eu la place là dedans, par contre, je te dis pas la constip'! Tu crois qu'il serait mort de ça?! - Pourquoi pas! Personne ne sait de quoi est mort ce pauv' vieux… » Je regardai alors John d'un air complice. « Tout de même, si c'est vrai, comment il a fait pour entrer et sortir, sans faire d'effractions? - Il avait peut-être un complice dans la banque… - Le guichetier? - Un gars qui lui aurait donné la clef - Si ça se trouve, t'as raison, mais je doute que ce pauvre Gary soit le cerveau de l'opération... - Gary, un cerveau ... j'en doute aussi! Mais il avait tellement de dettes avec son ranch ... Nous devrions aller y jeter un oeil après l'enterrement, voir si des trous ont fraîchement étés creusés. - Des trous? Dans son ranch? Mais tu commencerais par quel côté toi? C'est qu'il y a du terrain tout de même... - Autour de sa maison ... il n'aurait pas enterré son trésor loin de lui. Nous irons nous procurer des pelles avant d'y aller, on ne sait jamais - Euh, si t'as moyen de m'en filer une, parce que moi, j'ai qu'une pelle à tarte chez moi... "bah" et qu'est ce qu'on fait du pognon si on le trouve? On le rend ou on partage? - D'après toi ?! T’es vraiment à côté de tes pompes Wayne! Déjà qu'on est dans un endroit funèbre, alors tes pompes, gardes-les ! » A cette remarque, je regardai bêtement mes pieds, puis éclatai d'un rire gras. « Tu devrais rentrer chez toi Wayne, j'ai rien a faire avec un gars comme toi, tu vis trop dans ton monde ... Wayne’s world! - Beuh...»
FIN
(12/03/06)
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