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La pâquerette et le Néant par Fax, Olire, Fimbrethil & Myrrdin
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Il était une fois une petite pâquerette dans un champ. Elle en avait marre de rester immobile. Ses seuls mouvements se limitaient au balancement dû au vent. Un jour, une petite fille la mit dans ses cheveux, et la pâquerette vit -une ombre se mouvoir à l'horizon. Pourtant, le ciel était clair et la route était sèche; rien ne laissait entrevoir la funeste envergure des événements à venir.. -On aurait dit une silhouette de flammes, dansante et insaisissable. Elle n'en croyait pas ses yeux, c'était comme si son cerveau refusait de croire ce que ses yeux voyaient, comme si ce qui se tenait devant elle en cet instant était le premier signe précurseur de l'Apocalypse prédit depuis l'Aube du Monde. La fin du Monde était désormais réalité.. Plus rien, le Néant.. Pourtant, un détail troublant: Si plus rien il n'y avait, que faisait-elle toujours là? -Elle se dit d'abord qu'elle devait tout ça à un coup de vent. Sûrement le vent du Nord. C'était bien son genre de faire des blagues.. -Mais la réalité était bien pire.. Tout cela était dû à l'Onde Maligne qui émanait du trou noir du centre de la Terre, et 'ça' était sur le point de se répandre. Ses yeux respiraient la peur, une peur figée par la fascination.. Elle s'avançait néanmoins, sinistre pantin de sa stupéfaction, vers -ce qu'elle apercevait. De toute façon, cela valait toujours mieux que de rester cachée ici, ad vitam aeternam. Elle s'avança donc, tous les sens en éveil, craintive, aux aguets, et cette silhouette illuminée et insaisissable, si terrifiante si fascinante, s'avéra être.. Une lumière.. -Un couloir? Une ombre, une ombre qui se précise, une forme humanoïde. La forme s'avança, fantomatique, puis s'arrêta à quelques centimètres. Son visage n'était qu'une forme ovale, lisse et vide, sans yeux ni bouche et légèrement transparente. La forme leva une main, allongea le doigt et la toucha. -La vérité submergea alors son esprit... C'était donc cela, la vie, celle qu'elle avait toujours rêvé d'avoir, libre, dans les cheveux d'une petite fille.. Voilà où cela l'avait menée. D'un bond, elle se laissa tomber sur le sol, et elle se mit à penser à sa paisible jeunesse au milieu des graminées. -Elle en pleura. Arriva alors une silhouette longiligne. C'était une femme avec d'étranges yeux noirs, vêtue de blanc; elle tendait les bras vers elle. Etait-ce le spectre d'une lavandière? Notre héroïne essuya ses yeux embués de larmes pour mieux voir. La forme fantomatique se mouvait de manière saccadée et se rapprochait de plus en plus d'elle; aussi, d'un mouvement soudain et incontrôlé, notre héroïne tendit les bras à son tour et -s'avança, tendue par une sorte de terreur hypnotique, sa raison s'étant égarée, et s'écroula dans les bras tendus qui se refermèrent sur elle. Elle sombra dans les affres de la perdition, son esprit à l'agonie perdit pied tandis qu'une foule d'émotions confuses la submergeait. -Elle ne sut comment réagir, comment continuer après cela. "- Pourquoi, Ô, Vie, es-tu si impitoyable ! Tu ne me laisses plus le choix, je ne veux plus continuer, tout est trop confus dans ma tête, je... Je veux en finir !! " -Comme si une force mystérieuse eut pris pitié d'elle, notre héroïne agonisante se mit à entrer en décomposition. Des lambeaux de chair peu à peu se détachèrent, attirant charognards et vers. Le lent ballet macabre des nécrophages fit un festin de ce corps palpitant d'une suave vibration, attirante; dernier soupir d'une vie qui se terminait dans l'agonie. -La vérité, la grande vérité, c'est que la Mort est le moteur de la Vie, la grande force. -Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. -La morale de cette histoire est: Faites des enfants tant que vous voulez; on finira tous par brouter les pissenlits par la racine.
FIN
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