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J'erre depuis quelques décennies entre les tourments et les remords de mon passé, qui fut jusqu'à présent, un vaste cauchemar. Que fut mon existence parmi les mortels ? Rien de plus qu'un sinistre rêve où vous vous voyez perdu et entouré de Ténèbres. Ma foi, je l'ai cherché! Je suis un jeune Vampire, qui n'arrive point à étancher sa soif, ce qui m'a mené à une folie qui je ne peux contrôler même aujourd'hui. Dans divers livres que j'ai lu concernant notre race que vous mortels nommez vulgairement goule, le sourire me venait lorsque je parcourais ces lignes où le Romantisme siégé dans le crime du Vampire, est-ce une chimère ou bien le simple fantasme de l'écrivain ? Je n'ai jamais cru en l'amour, car comment moi, pauvre Vampire condamné à vivre dans la Mort et à travers le sang, pouvait croire à ce sentiment qui est, dit-on, merveilleux ? Jusqu'au jour où ma vie bascula dans un Univers où même ma pauvre âme torturée n'a jamais imaginé demeurer ! Cette nuit là, la Faim me tiraillait... Je n'avais qu'une seule envie, apaiser les tremblements et la migraine que j'avais, qui étaient causés par cette misérable envie de matière rouge ! La forêt était paisible, les fourmis au sol, grouillaient en masse, se battant sur un morceau de pain moisi, un peu comme vous mortels ! Les branches des arbres grinçaient sous la poigne du vent avec un telle force, que je fus projeté en arrière. Au loin, j'entendis des bruits de pas lourds, mes pulsions furent en extase, peut-être était-ce une proie, me dis-je. Je parcourai la foret en m'approchant des bruits de pas qui se faisaient de plus en plus entendre. Je vis une silhouette, enveloppée par la brume épaisse et froide de l’hiver. Méfiance, me dis-je! Mais la Faim me rendait de plus en plus fou, et m'égarait dans un autre Univers... Je fus surpris d'apercevoir une jeune femme à cette heure-ci dans une piètre forêt où les loups aiment se cacher et chanter leurs malheurs à la Lune ! Si jeune, si pâle... La douce Lune se reflétait sur son doux visage, ses longs cheveux noirs retombés en boucle sur ses frêles épaules dénudées... Ses lèvres marquées d'un rouge écarlate m'ont envahi d'un profond sentiment de suave. Une humaine, rien de plus, me dis-je. De la nourriture rien de plus. Sur un pas léger je me précipite vers cette charmante jeune femme pour enfin mettre fin à cette envie qui me hante depuis des heures, m'enivrer du liquide rouge vital... Proie futile qu'elle fut... Sans doute était-elle morte de froid la pauvrette... Mais merveilleux festin je venais de m'offrir à travers cette douce veine qui traverse sa gorge à présent béante. Au réveil je fus pris de picotements, le froid avait atteint mes os à présent gelés... La jeune beauté était à mes côtés, non morte, chose qui m'étonna. Je pensais l'avoir tué, mais elle gisait devant moi en me regardant avec des yeux de louve. Elle se jeta sur moi, et comme un vautour en chasse, elle me plaqua à même le sol à la recherche d'une piètre goutte de sang. Qu'avais-je fais ? Suis-je donc le même monstre que mon père, qui a son tour a fait de moi un Enfant de la Nuit ? Mais, quelle merveilleuse destinée d'être Vampire, ne pensez-vous pas, vous, pauvres mortels dont un jour la vieillesse vous fera perdre tout contrôle ?! La pauvrette était perdue. Je sentais l'envie qui la hantait, oui je ne la sentais que trop bien. Lui expliquer qu'elle était à présent Reine des Vampires ? Je n'en avais point le courage. Je la pris contre moi, et lui prêta ma gorge pour qu'elle apaise enfin cette soif légendaire qui nous hante. Elle fut visiblement rassasiée, me vouant un baiser sanguinaire, que je lui rendis... Le baiser du Vampire ! Sortis de notre brume rouge, nous nous sommes dirigés vers mes appartements. Une simple crypte habitée par d'immondes araignées, du moins, elles ont été mes seules amies jusque là. Le soleil perçait les nuages gris, nous devions nous hâter de rentrer avant d'être rattrapés par cet immonde cercle de lumière ! Elle s'écroula sur le satin rouge de mon lit, enveloppée par une douce odeur de santal qui se faisait ressentir de cette demeure qui est mienne depuis des décennies. Elle me regardait les yeux grands ouverts, me souriant... Je m'approchai pour me reposer, le soleil m'avait frappé par ses rayons immondes. Elle roula sur moi et m'embrassa... Je l'a pris dans mes bras en l'a serrant contre mon coeur endormi. Pensez-vous que cela est de l'Amour ? Quoiqu'il en soit, je ressentais un merveilleux sentiment. Elle roula à mes côtés, et mis sa main dans mes longs cheveux. Commençant à déboutonner ma chemise de velours. Son corset de dentelle fut délacé avec soins, je sentais le parfum doux de sa peau pâle, tout en lui vouant de délicates morsures, je passais ma langue autour de ses tétons. Nous avons passé le pacte de l'Amour éternel, le sang a été notre témoin. Nous nous sommes endormi l'un contre l'autre. La nuit venue, nous sommes sorti, la Faim bien trop forte. Une vieille femme, qui mangeait un mille-feuilles dégoulinant, attira notre attention. On décida de s'abreuver tout de même de cet élixir assez vieux qu'avait la vieille femme en elle. Son souffle de vie allait être pris par la Mort elle-même. Les cris que la vieille femme poussait ont du atteindre le village voisin. Nous devions vite nous hâter avant que les villageois viennent à notre rencontre, et découvrent un vieux cadavre vide de vie. Lorsque nous sommes sorti de la forêt, des flammes nous ont accueilli, les villageois étaient là, nous regardant avec haine. Le sang aux commissures de nos lèvres révélait notre démoniaque attitude sur la vieille femme qui fut découverte. Je fis signe à ma dulcinée de s'enfuir, mais elle fut rattrapée et tuée par la main d'un homme fort et colossal. Que pouvais-je faire ? Le monde venait de s'écrouler sous mes yeux... Rien n'avait d'importance à présent. Je me suis jeté sur l'homme qui avait tué ma belle, lui arrachant de toutes mes forces son souffle de vie. En vain malheureusement. Je suis à présent entre la vie et la Mort. J'ai pu m'enfuir des griffes des villageois, en laissant derrière moi les traces de l'Amour qui m'a été enlevé. Je demeure toujours dans votre littérature, dans vos écrans. Mais sachez, pauvres mortels, que je vis aussi à travers vos peurs, et vos cauchemars. Je suis peut-être immonde, sanguinaire... Mais vous, qui êtes-vous pour tuer tout ce qui bouge sans prendre la peine de connaître votre cadavre. Je m'en vais à présent, hanter d'autres terres, une terre qui se trouve dans votre sommeil. Là seulement je peux me venger de vos crimes.
FIN
(22/01/06)
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