Jeudi 29 décembre 2005
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Mousseline par un Poulpe passant
*pistache, nuage, voyage, patate & cuisinier*
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"Je est un autre"... certes… citation ayant quasi acquis le statut de slogan publicitaire, Rimbaud s'en retournerait dans sa tombe. Je m'en suis retournée dans mon lit car y'a des matins comme ça ou brusquement cela vous frappe plus que d'autres.
Je est un autre… voyez vous c’est l'air bien pathétique que je viens vous saluer en ce jour...Ce matin... un lapin a tué un chasseur... ah si seulement... diantre! Si seulement c'était la chose la plus tragique qui prit place à l'aube…
Je m'étais endormie doucement tout ce qu'il fallait : un grand sourire niais, une couverture douce dans un nid douillet. Pourtant au cours de la nuit... quelque chose me grattait terriblement. Je me sentais mal : nausées, vertiges… je ne sentais plus mes membres et un poids me pesait sur la poitrine. Je ne comprenais pas...Je n'ai compris en fait que je était un autre que lorsque je roulai soudain hors de mon lit paf sur le carrelage… Je roulai et m'effondrai lamentablement contre le mur après une brève oscillation.
Je était un autre... j'étais devenue patate ! C’est là je crois bien que tout a commencé…
J'ai laisse tomber la purée, un certain malaise à manger ça... j'aurais eu la vague impression d'avaler une salade de peaux mortes. J’étais patate, patate je resterais…Refusant de me résigner à mon sort, des aspirations révolutionnaires montaient en moi tandis que je m'empiffrais goulûment de pistache. Dieu merci, j'avais encore un système digestif… Je ressemblais pour tout vous dire à Monsieur Patate et Madame Patate. Ah ah... je m'étais bien moquée d'eux il fut un temps, arrachant les bras, arrachant les têtes remettant tout dans n'importe quel sens… et voilà que maintenant... J’étais devenue madame patate. Digne d'un Dom Diègue ou autre héros de la tragédie classique j'étais victime du sort et je devais payer pour le péché originel : celui d'avoir démembré monsieur patate.
Qu’importait! Je serais la Marianne des patates! La vierge Rouge des patates! Et viendrais bouleverser le monde en tant que patate… Patate bouleversée! Patate mise en purée! Mais patate libre! Toujours! Me hissant avec difficulté hors de mon antre, après avoir tenté différentes techniques, sautillant pitoyablement, me cognant au plafond, je parvins au dehors. C’est un long voyage qui allait commencer… Les longues routes bitumées... plus destructrices pour ma vieille peau que les lames d'un économe. Le soleil qui me frippait....et pire... c’était le printemps ! J’avais honte, je voulais me cacher, je germais ! Je ne comprenais pas! Avais-je abusé des pistaches ? Monsieur patate était il si vengeur ? Peu importait, je devais faire la révolution! Et pour créer une internationale patatière : le grand Komintern des patates! On me connut bientôt dans le milieu sous le nom de patate rouge. Mon secrétaire Patate Ra qui avait la vilaine habitude de se fracasser contre le sol à chaque pas se
chargeait de la propatatagande. Et oui! pata pata! C’était nous! Cet affreux tube de l'été! C’était des images subliminales! Pourtant les patateux se méfiaient nous accusant de vouloir créer un grand état patateux totalitaire mais nous voulions la liberté des patates nous! Simplement la liberté (après le patatotalitarisme bon... bon... roh on négocierait bigre). Bref... pour les lier à nous il fallait un coût d'éclat. Déjà, la propagande s'accrût… « Patate descends de ton nuage! Tu es esclave! » s'étalaient sur toutes les casseroles, dans tous les cagibis, sur tous les fronts de jean pierre Coffe à Maïté… c’était du bon boulot.. Y’a pas à dire... un grand ce Patate Ra…
Bref c’était pour le 27 février... on avait tout préparé. On devait faire un grand coup d'éclat : trucider un cuisinier! Imaginez donc nous patates face à eux humains… Les armées étaient prêtes mais je était décidément un autre... toujours insaisissable. On était là sur l'armoire, le buffet, et rplam poum splof… Une énorme main immonde abattit toute l'armée d'un coup… la chute fut longue, on vit défiler nos vies, je vois défiler ma vie, je tombe, l'eau est bouillante en dessous…
* splouf*
FIN
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Par Le Poulpe
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Publié dans : havre elfique
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