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Il était une fois il y a très longtemps dans une contrée que l'on n'ose plus murmurer le nom, un jeune homme qui devait hériter du trône à la mort de son père. Le roi juste et bon peinait à envisager cela car il décelait chez son fils une profonde cruauté et un goût prononcé pour les forces occultes. Alors marqué par les années et se sentant proche de sa fin, il émit un traité stipulant que son fils devrait épouser une femme et démontrer que leur amour serait élevé, pur et sans ombrages, pour pouvoir accéder à son héritage. Son fils prenant connaissance de cette volonté ne s'en inquiéta pas : "Il me sera facile de trouver une femme de haute lignée, ce n'est pas ce qui manque ici » C'est ainsi qu'en se référant à son conseiller, il s'arrangea avec une comtesse avide de pouvoir et ne tarda pas à la présenter à son père. Seulement, le vieil homme n'était pas dupe et lui dit que s'il ne prenait pas la chose plus au sérieux, il confierait le trône à un de ses chevaliers plus méritants ou à l'un de ses cousins. Le prince agacé décida alors de partir du palais et d'aller chercher une femme qui conviendrait finalement à ses propres aspirations même s'il était tourmenté à l'idée de partager le pouvoir. "Si je dois trouver une femme ma femme, il faut qu'elle soit sombre, qu'elle partage le même désir de puissance occulte, il me faut chercher une osmose terrible n'en déplaise à mon père, elle ne partagera pas ses valeurs et ce vieux imbécile
aura échoué ! » Il adopta alors un manteau sombre recouvrant ses habits princiers et traversa seul le pays. Il passa montagnes, lacs et forêts et pénétra dans une contrée desséchée, terrible, peuplée de marais fumants, un espace qui lui plut aussitôt. Il fit halte, éleva un modeste campement et s'apprêta à passer sa première nuit en ce lieu terrifiant qui lui semblait paisible à ses yeux. En pleine nuit, il fut réveillé par le vent. C'est alors qu'il aperçut une chèvre s'abreuvant dans un marais. Il s'approcha de l'animal et découvrit la tête de l'animal. Il fut alors fasciné par ses grands yeux rouges. Il avança prudemment vers elle mais lorsqu'il fut prêt à la caresser, la chèvre s'enfuit et disparut. Il retourna se coucher, troublé. La nuit ne finissait pas, elle dura des jours et des jours puis des semaines sans que le prince ne s'en aperçoive vraiment. Ne pouvant plus dormir, il erra à travers les marais, et revit la chèvre aux grands yeux rouges une fois deux fois... et puis il la vit s'effondrer dans un marais fumant. Inquiet, il se précipita près de l'eau et de cette eau verdâtre surgit deux mains puis deux bras longilignes, fins et délicats. Il prit une des mains et tira des eaux une femme, recouvert d'un linceul blanc, elle était belle terrible, elle avis de longs cheveux noir de jais, des yeux étrangement rouge. Le prince comprit que c'était Elle ! Ils discutèrent des heures et des heures, de
semaines et des semaines, des mois des années. Qui sait... cette nuit n'en finissait pas… Convaincu de son amour, de cette osmose à quoi il aspirait temps, le prince décida d'emmener cette femme dans son palais. Ils s'en allèrent, terribles et fiers dans ce royaume qui allait être le leur. Quand ils arrivèrent enfin le roi était mort. La cour convenant que le traité était respecté, unit par le sacrement du mariage les jeunes amants. La nuit de noces, une nuit sombre sans astres, dans la chambre royale n'étincelaient que les yeux rouges. Alors que le nouveau roi dormait, on entendit des murmures inquiétants proférés par une voix douce suave mais terrible. Et à la place du roi, aux côtés de sa femme, il y avait un navet ! Au petit matin, de serviteurs entrèrent dans la chambre et virent à leur grand désarroi une chèvre, une chèvre aux yeux rouges et du sang du sang partout dans la pièce. Affolés, ils essayèrent de faire sortir l'animal. Soudain, ils entendirent une voix terrible émanant de la chèvre : "Votre misérable maître n'est plus, durant toute sa vie, il m'a adoré, m’a rêvé, désiré ! De l'état de pantin mortel je l'ai réduit à l'état végétal... un navet ! Je l'ai mâché, dégluti et je n'ai retenu que ce goût insipide, le goût de la mortalité ! C'est alors que les yeux rouges de la chèvre n'étincelèrent plus et l'animal parut étrangement normal aux yeux terrifiés des domestiques. Je tiens cette histoire d'un petit garçon, un enfant aux cheveux noirs de jais, beau mais inquiétant, les gens me disent qu'il est fou, ou bien qu’il a trop d'imagination, une imagination macabre, j'en conviens.
FIN
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