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Derrick, l'émasculateur judiciaire par Fregius dit la Gerboise
*four, schnaps, bite, guttural, oreille & progrès*
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La nuit était froide. Pas gelée comme on pourrait en avoir en cette saison. Juste froide. Et la pluie la rendait encore plus désagréable. L'enseigne lumineuse du petit bar clignotait faiblement. Sans doute le propriétaire ne jugeait pas utile de la faire arranger. C'était toujours la même rengaine avec ce genre de rade. Il traversa la route détrempée qui le séparait de la porte fenêtre dont le verre jauni laissait passer une lueur glauque. L'homme en imperméable beige poussa la porte et pénétra dans une salle exiguë et enfumée d'où provenaient une morne et inintelligible conversation .Comme s'il savait ce qu'il faisait, il s'assit au bar, juste devant le barman qui d'un torchon essuyait nerveusement un verre qui semblait poli par des heures de ce travail acharné. Toujours la même rengaine avec ces rades. Le barman jeta son oeil torve à l'homme qui venait de s'asseoir au comptoir. Il était grand, les cheveux blanc et portait une paire de lunettes démodée. "Ce sera quoi ?" lui demanda-t-il négligemment Il jaugea de longues secondes durant les personnes assises devant leurs pintes de bière, discutant mollement de faits et d'autres, certains jouant aux cartes, d'autres ne faisant aucune preuve d'avoir accompli un quelconque effort physique durant leur courte existence. "Vous cherchez *quelqu'un *?" La voix rauque sonna doucement, presque un murmure, à l'oreille de l'homme qui se retourna
pour voir le barman penché vers lui, ramassant son oeil de verre tombé sur le comptoir. "Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?" -Je connais les types comme vous... vous êtes un poulet hein ? - Je ne vois pas pourquoi vous dites ça -Seuls les poulets berlinois commande des schnaps dans des bars à cette heure de la nuit -Peut être... -Et si j'en juge par votre mise... -Par ma mise ? Voilà un langage soutenu pour un vulgaire barman ! -Eh bien..." hésita le barman, qui avait visiblement fait un faux pas L'homme le regarda droit dans son oeil valide, se redressa sur son siège et approcha sa tête du visage bouffi qui commençait à suer à grosse gouttes. "Vous savez qui je suis, n'est-ce pas ?" demanda l'homme. Le barman n'eut pas longtemps à réfléchir sur les rumeurs qui courraient sur ce grand homme, flegmatique, aux cheveux gris et aux lunettes si particulières... "Derrick..." il eut juste le temps de murmurer ce nom avant que l'homme ne passe sa main derrière le comptoir pour lui saisir fermement l'entrejambe. -Oui, et à présent, on va faire en sorte de ne commettre aucune erreur, ni vous, ni moi" acheva le dit Derrick. Personne dans la salle n'avait l'air d'avoir remarqué l'embarrassante situation du barman. Derrick jeta de petits coups de tête en direction de l'arrière boutique et le barman se retourna tandis que la pression sur ses génitoires ne se relâchait. Le barman se dirigea vers la petite porte dont le bois commençait à moisir et la poussa nerveusement avant d'y entrer. Derrick regarda furtivement la salle avant de s'en approcher en faisant le tour du comptoir. Il pénétra dans une pièce mal éclairée, remplie de caisses empilées les unes sur les autres. En face de lui se trouvait une autre porte, guère plus en forme que la précédente, qui battait encore la mesure, témoignant du récent passage du barman. Il s'en approcha lentement, ne faillissant pas à sa réputation et s'arrêta en entendant ce qui lui semblait être des grognements en provenance de derrière une pile de caisse... Il attendit de longues secondes avant de se remémorer la réputation de l'établissement et de franchir l'autre porte, sans regarder à sa droite ni prêter attention à l'homme nu se pressant contre les fesses d'un autre homme, le visage plaqué contre le mur. Il franchit la nouvelle porte sans flancher et pénétra dans une salle dans laquelle était entreposées des centaines de bouteilles d'alcools divers et variés. La pièce était encore plus sombre que la précédente et il lui fallu un long moment avant que ses yeux ne s'accoutument à l'obscurité. Lorsqu'il se mit à distinguer clairement
l'endroit, il réalisa que la pièce était plus grande qu'il ne l'avait jugée, et que sur une caisse devant un bureau se tenait le barman, tripotant une bouteille de Schnaps. Un 84... Un bon cru selon Derrick. L'inspecteur de la police judiciaire de Berlin s'approcha de l'homme rondouillard, que certains à la litote aisée auraient jugé nerveux. Il se plaça devant lui et plaqua ses deux mains puissantes sur les rebords du bureau "Alors Günter, que sais tu ? demanda Derrick, sûr de lui -Comment savez vous que je m'appelle Günter ? -Vous vous appelez tous Günter ou Hans des fois, continua Derrick, mais Günter est statistiquement plus fréquent lorsqu'il s'agit de métier du secteur tertiaire -Je vois, enchaîna Günter, vous êtes plutôt bien renseigné... -C'est mon métier, rétorqua Derrick... -Alors pourquoi avez vous besoin de me poser des questions, si vous êtes renseigné ? -... -Hin hin, on fait moins le malin, poulet de... -Joue pas au con ou je t'arrache la bite" coupa Derrick, empoignant derechef l'appendice pubien du barman au travers de son pantalon. Un ange passa avant que l'inspecteur ne relâche de nouveau la pression, dans un soupir de soulagement de Günter. C'est pas qu'il en avait l'utilité sur le moment, mais il avait espoir qu'un jour ou l'autre, ça lui serve pour autre chose que
compter au delà de vingt. "Bon, alors, mets toi à table Günter, si tu ne veux pas que je te fasse manger ta licence avec les restes de ta "cuisine"... -Vous êtes un marrant vous, hein ? Le boute-en-train des planques à 3h du... -attention Günter, j'ai la main leste... -mouais... Günter pris une profonde inspiration avant de commencer... -Tout a commencé avec un certain Siemens... Hans Siemens -Encore un Hans, soupira Derrick -Oui... c'était lui qui s'occupait des fours... -Nous y voilà coupa Derrick... les fours... et il tapait pas dans la "chaleur tournante" j'imagine... ? -Pas vraiment... il était plutôt axé "pyrolyse" si vous voyez ce que je veux dire... les poules avaient pas le temps d'attacher à la résistance... -Et tu lui a servi de planque... enfin, ton rade... ? -Un temps seulement, il est parti avec son matos... et un certain "Coffe"... Hans-Peter Coffe, je crois... -Un "cuistot" de renom... Dans le jargon du coin, un "cuistot" désignait un expert en torture en tout genre. "Et tu sais où ils sont partis ?" demanda Derrick. Un hochement de tête significatif d'un refus prémédité le fit réitérer sa menace et empoigna une nouvelle fois l'entrejambe du barman. "Je ne sais rien, je ne sais rien, commença à paniquer Günter -Tu en es sûr ? demanda Derrick en affermissant sa poigne. -Certain, certain !!!". Les larmes commençaient à perler sur le visage de Günter et il se mordit les lèvres pour réfréner un cri. Dehors, un chat s'enfuit en renversant le couvercle d'une poubelle en entendant le cri qui déchira la nuit pluvieuse. Derrick se frotta nonchalamment la main contre son imper en laissant derrière lui un Günter effondré sur son petit bureau. "Ton rire sera beaucoup moins guttural" lui cracha l'inspecteur avec une moue de dégoût. Il sortit de la pièce et passa devant le couple qui avait fini ses affaires et s'était approché de la porte pour y voir ce qui se tramait. Il les regarda et fut pris d'une irrésistible envie de tripoter l'oreille du plus grand d'entre eux. Il se retint et quitta le réduit, traversa le bar et sortit dans la rue. Il avait des noms, et ce soir, il avait bien progressé. Comme pour confirmer ses dires, la pluie avait cessé et la nuit s'était rafraîchie. Demain, il écumerait un nouveau rade en cherchant un certain Hans Siemens. Il était proche du but...
FIN ?!
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