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Agathe regarde le jardinier à travers la fenêtre. Elle déteste cette maison depuis qu'elle y vit. Froide, d'un autre siècle, le canapé en velour, les rideaux dignes d"un catalogue de vente par correspondance. Elle rechignait à retourner à son projet d'art plastique... un collage de "matières"... Vivant en ville, Agathe ne savait où trouver ces fameuses matières. Elle a toujours vécu à la campagne, allait pêchait la grenouille dans la gravière situé à 300 mètres de chez elle. Ici en ville, elle étouffait. Le week-end, quand les enfants de la ville allaient au cinéma, Agathe avait toujours un voisin à dépanner, donner l'avoine aux chevaux, la paille aux vaches et relever les oeufs... le cinéma c'est pour les enfants de la ville! Elle était sûre qu'aucun de ces enfants n'avait vu un tétard de leur vie. Pour eux, les grenouilles naissent "grenouilles" (voir rainettes pour les initiés)... elle pouffe de rire derrière son rideau démodé.
A rester derrière sa grande feneêtre, elle se demanda si un jour, au lieu de tondre la pelouse et couper la haie, il allait la remarquer! Elle alla, d'un pas lourd devant le miroir au-dessus du téléphone, et se dit "avec cette face de lutin, ma pauvre, aucun Mickael, ou autre jardinier ne te remarquera". D'une extrème timidité, Agathe décida de créer le contact... juste le contact, et lui fit couler un café. C'est d'habitude la mère qui le faisait... Ce jour là... elle le fit. Se souvenant que Mickael le "prenait avec sucre", elle plongea 5 morceaux dans ce petit mug... La grimace de Mickael en dit long sur la qualité du breuvage. Il but... sans grimacer. Ce café sirupeux permis à Mickael de poser, au moins une fois, ses yeux sur Agathe! C'etait le plus beau jour de sa vie.
FIN
(09/12/07)
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